Beer Sheva, 31 octobre 1917

La victoire australienne à Beershva, il y a un siècle, permet à Lord Balfour de promettre l’établissement du foyer national juif en Palestine, dans une déclaration publiée le 2 novembre, 48h après la victoire à Beersheva qui ouvre la route de Jérusalem.
Retour sur un moment décisif autant pour le Sionisme que pour les soldats australiens et néo-zélandais dont c’est l’heure de gloire par excellence!

Beersheva en 1917

Beersheva en 1917

Le 31 octobre 1917, à 16h30, les 4th et 12th Australian Light Horse Regiments chargent les positions turques à Beersheva et leur victoire ouvre la voie de Jérusalem au Général Edmund Allenby, après un printemps d’échec autour de Gaza.

Cette charge des « Diggers » de l’ANZAC (Australian & New Zealand Army Corps) est un coup de maître tactique mais c’est surtout un geste désespéré des britanniques. Après avoir été repoussés devant Gaza à plusieurs reprises en mars et avril 1917, les britanniques décident de tenter un pari risqué: attaquer la ligne de défense Gaza-Beersheva à son point le moins défendu, ce qui nécessite de faire traverser 30 km de désert aux hommes et aux chevaux, sans point d’eau sur le trajet. Si les puits de Beersheva ne sont pas capturés, les chevaux ne survivront pas à l’aventure, étant incapables de faire le trajet retour. La bataille commence à 5h55 du matin par un bombardement des défenses de la ville par la Royal Artillery. Le bombardement dure jusqu’à 7h45 mais les Ottomans ripostent et infligent déjà des pertes aux divisions d’infanterie britannique qui attendent d’avancer. 

Au nord-est de Beersheva, à Tel el Saba, les unités britanniques commencent à avancer vers 8h30 pour tenter d’affaiblir les lignes de défense et de communication ottomanes. S’attendant à des attaques venant du sud et du sud-ouest, les Ottomans sont moins fortifiés au nord-est et y ont installé leur centre de commandement et leurs réserves. Les britanniques espèrent encercler les Ottomans et couper la route d’Hébron.

Après une dernière salve nourrie de dix minutes, les britanniques avancent à l’ouest et au sud et parviennent à déloger la première ligne de défense turque. Vers 10h30, ils sont à moins de 500 m des tranchées principales, protégées par des barbelés et des mitrailleuses allemandes. Ils font alors avancer l’artillerie qui peut maintenant cibler directement les défenses principales. Les canons britanniques ouvrent à nouveau le feu durant deux heures, avec quelques pauses pour laisser la poussière retomber. Vers 14h, à l’ouest, les Britanniques sont maîtres du terrain. A Tel el Saba et plus au nord, à Tel el Sakaty, les combats durent et il faut également attendre 15h pour que les objectifs soient atteints. Les principales défenses extérieures de Beersheva sont enfoncées, les lignes vers Hébron et Gaza coupées et le groupe d’armées F Ottoman est encerclé. Il ne reste qu’à capturer la ville elle-même mais le temps presse car la nuit approche.  

Ce n’est qu’à 16h30 que les britanniques sont enfin en position pour avancer sur Beersheva et ils savent que seule une charge audacieuse sur la ville leur permettra de réussir avant la nuit. L’audace sera de faire charger l’infanterie montée. En effet, les Light Horse australiens et neozélandais, qui sont les seuls disponibles, ne sont pas des unités de cavalerie mais des fantassins se déplaçant à cheval. Leur doctrine d’emploi est d’arriver rapidement à portée de l’ennemi, de démonter et d’engager le combat en fantassins. En face, les soldats turcs et les conseillers allemands sont persuadés que les Australiens vont s’arrêter à 1500 m et engager le combat à pied. Ils règlent leurs hausses d’artillerie et de fusils à cette distance. Les Australiens chargent et à 1500 m, une première salve fauche les premières lignes mais les hommes poursuivent.

Obusier turc de 105 mm 1917

Obusier turc de 105 mm 1917

Les artilleurs Turcs sont surpris et règlent les hausses en catastrophe, au jugé et sans efficacité. Les fantassins, également surpris, en oublient de régler leurs hausses de fusils et rapidement, tirent au-dessus des Australiens qui brandissent leurs baïonnettes en guise de sabres. Le 4th atteint les tranchées turques et les « Diggers » se jettent dedans au corps à corps, les Turcs déboussolés ne tardant pas à se rendre. Le 12th poursuit l’effort et se précipite dans la ville pendant que les régiments de réserve terminent le travail autour de la ville. Une heure après le début de la charge, la bataille est terminée. Les Turcs se rendent où s’enfuient dans les montagnes de Judée.

La défense turque de la Palestine s’effondre et le Général Allenby entrera dans Jérusalem le 11 décembre 1917 à pied et non pas à cheval ou en véhicule, par respect pour la ville sainte. Le Royal Flying Corps, ancêtre de la RAF transformera la retraite turque en véritable déroute en détruisant les colonnes ottomanes qui s’enfuient vers Jéricho pour tenter de passer le Jourdain

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La charge, à 16h30 le 31 octobre 1917, par Eric George Elliot

La photo ci-dessus est historique. Pendant plusieurs décennies, on a cru que c’était une reconstitution de la charge pour les photographes. Mais un jour, on retrouva l’auteur de la photo, Eric George Elliot, un soldat du 4th ALH envoyé en avant avec un groupe d’officiers pour évaluer les distances, données nécessaires à l’artillerie. Il se trouve alors au beau milieu du champ de bataille à effectuer ses mesures quand, contre toute attente, l’ordre est donné de faire charger la brigade australienne. Médusé, le jeune homme voit ses camarades se lancer au galop vers lui et, ayant un appareil photo sur lui, il a la présence d’esprit de l’utiliser. La photo est authentique, il s’agit de la fameuse charge des ANZAC à Beersheva le 31 octobre 1917 qui les fit galoper jusque dans l’Histoire et qui ouvre la voie, 30 ans plus tard au processus de reconnaissance d’Israël!

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Reconstitution de la Bataille de Beersheva en 2012 par la Australian Light Horse Association

Reconstitution de la Bataille de Beersheva en 2012 par la Australian Light Horse Association

Palestine Diaries: the light horsemen’s own story, battle by battle


The third instalment in Jonathan King’s acclaimed World War 1 centennial trilogy.

In the history of the world there never was a greater victory than that which was achieved in Palestine.’— Prime Minister Billy Hughes addressing the Australian Parliament in 1919.

Culminating with the cavalry charge at Beersheba on 31 October 1917, Palestine Diaries is the story of Australia’s Light Horsemen of World War I, told in their own brutally honest words — day by day, battle after bloody battle.

One hundred years after that now-legendary battle — widely considered the last great cavalry charge — Dr. Jonathan King argues that the breathtaking achievement of the 4th Light Horse Brigade should become the cornerstone of our national identity.

The soldiers in these pages were the first to achieve incredible victories for their new nation — ahead of the Western Front, and unlike the defeats of Gallipoli. These young Australians helped demolish the centuries-old Ottoman Empire by driving the Turks from the strategic Suez Canal across the Sinai, and up through Palestine, Jordan, and Syria to be first into the enemy stronghold of Damascus — a victory that would not only change the course of the war, but would also plant the seeds of the modern Middle Eastern conflicts.

Published together here, many for the first time, are the diaries, letters, and photos of those brave young men, whose service and sacrifice helped shape a nation.

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Date de sortie October 16, 2017.

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