Goys in Eretz, Le voyage

KKL de FranceA l’invitation du Keren Kayemeth LeIsraël de France, 2 d’entre nous, les Goys qui défendent Israël et les juifs, ont pu partir en Israël pour la première fois, en participant au voyage organisé sur le thème :

« Israël aujourd’hui et demain – la Galilée, berceau de la culture juive »

du 27 octobre au 2 novembre 2015. Merci à toute cette formidable équipe !

Carnet de route

IMG_0911Les sacs sont harnachés, les vêtements sont préparés, le passeport est vérifié, tout semble paré.
On a du mal à réaliser, autant Jeep que moi. On en rêve depuis longtemps, on a presque l’impression d’y être déjà allé tant nos imaginations ont parcouru la Terre Promise à la lecture des textes millénaires.
Le cœur bat un peu plus fort que d’habitude, étrangement.
Il me vient un chant de Para que Jeep m’avait appris quand j’étais un petit garçon en admiration de son béret rouge:

« Parachutiste, Vois, le ciel est clair.
Serre les dents, il est temps de sauter. »

C’est dans cet état d’esprit que je suis. Jeep, vois, le ciel est clair! Sourions! Il est temps d’aller en Israël!

IMG_0916Tout commence toujours par un lever de soleil. Le notre s’est fait à 9000 m, au-dessus de l’envoûtante mer de nuages qui ressemble aux ondulations des dunes d’un vaste désert.

L’opération « Goys in Eretz » est lancée.

Lentement, un jour radieux se lève sous les ailes de l’Embraer 190 de la compagnie Hop qui nous emmène des Pyrénées à Paris. L’excitation monte graduellement mais nous ne réalisons pas encore. Nous nous posons souvent la question mais nous ne réalisons pas. C’est un voyage que nous espérions, sans réellement y penser, depuis longtemps. Nous avons tant lu la Bible et les récits de l’Ancien Testament que ce pays d’Israël est l’objet de beaucoup d’imagination depuis notre enfance. Mais il s’apprête à devenir réalité.
L’heure de vol passe vite et mon esprit gambade sur les volutes des nuages que je contemple par le hublot. Je me sens bien en vol. Je me suis toujours senti bien en altitude. Que ce soit dans un avion de ligne, un petit avion de tourisme, les avions dont j’ai sauté, même en montagne ou ne serait-ce que dans un arbre quand j’étais gosse, j’ai toujours aimé être au-dessus du plancher des vaches. L’idée d’un vol de quatre heures vers la Terre Promise m’enchante particulièrement.

IMG_0920A Paris, nous entrons dans la procédure habituelle d’un voyage. Nous changeons de terminal, trimbalant valises et sacs en toute hâte entre les navettes et les comptoirs d’enregistrement. Nous finissons par localiser les comptoirs d’El Al. S’il fallait une mise en ambiance, elle est réussie. Les comptoirs d’El Al semblent relégués au fond du Terminal 2F de Roissy, à l’écart, presque paria. On se doute bien que les questions de sécurité l’emportent mais cette mise à l’écart reste un signe pénible de la situation actuelle d’Israël. Lorsque les comptoirs d’El Al seront au milieu de tous les autres, sans préoccupations particulières, on aura fait un grand pas en avant. Mais nous poursuivons la procédure et retrouvons Nicolas, du KKL, qui est à l’origine de notre invitation.
IMG_3288Enregistrés, délestés du paquetage, contrôlés minutieusement, après un peu d’attente en salle d’embarquement, il est temps d’y aller. Le temps d’une petite remontrance de Jeep par l’Agent d’Escale qui ne veut pas de photos, on embarque dans le Boeing 737-700 d’El Al qui va nous emmener à Tel Aviv – Ben Gourion.

Bon petit avion, le 737! Déjà ancien, avec une conception datant des années 60, il en est actuellement à sa neuvième version et il est surtout l’avion de ligne le plus vendu au monde. Plus de 8000 exemplaires ont été mis en service. Nous allons voler sur la septième version. Les nouvelles versions de cet avion ont des moteurs différents des versions antérieures et il est toujours amusant de voir que les nouveaux moteurs sont trop gros pour cet avion court sur pattes. Il a fallu dessiner des nacelles particulières, à fond aplati, pour éviter de les traîner au sol. Il a également des « winglets », ces dorsales de requins en bout d’aile et qui limitent le problème de la traînée et du sillage provoqué par les ailes entièrement rectilignes. Le « winglet » droit sera mon compagnon pendant tout le vol et comme il est décoré à l’étoile de David, il me permet déjà de faire de belles photos d’Israël.

IMG_0927Eh oui, même si nous ne sommes pas encore en Terre Promise, nous avons mis le pied en souveraineté israélienne lorsque nous avons franchi le seuil du 737 d’El Al. Selon le droit aérien, un avion de ligne est un bout de territoire du pays d’appartenance dont le dirigeant et magistrat est le commandant de bord. Nous sommes donc déjà, en droit, en Israël. L’antique langue que l’on entend à bord, pour les mesures de sécurité, avant l’anglais nous le confirme également.

Le 737 qui parle hébreu survole un ciel d’Europe limpide et je ne me lasse pas de regarder la terre à presque 10 000 mètres en-dessous. Le monde est toujours beau, vu d’en haut. Ca doit être pour ça que j’ai toujours aimé l’altitude. Les Alpes sont particulièrement spectaculaires à observer de ce point de vue, avec les lacs de montagne qui forment des veines d’argent dans les vallées. Même à mon âge, je ne me lasse pas de regarder par la fenêtre comme un gosse. Un film ou un peu de lecture aident à passer le temps. Je lis un ouvrage passionnant sur les traces archéologiques de la présence sémitique en Egypte, qui pourraient être les traces de Joseph et de ses frères. Parfois, en lisant, je me rappelle que je suis en train d’aller vers la terre qui a été promise à leur descendants. Mais je ne réalise toujours pas. Jeep dort parfois mais surtout, il pense et observe. Lui aussi est comme un gosse mais il le cache mieux que moi. Son esprit fourmille d’émotions et de pensées au fur et à mesure que des passages et des histoires bibliques lui remontent en mémoire à l’approche du pays d’Israël.

IMG_0928Nous arrachant à nos rêveries, le déjeuner nous plonge dans une réalité israélienne gastronomique! Crudités, Hummus d’Abou Gosh avec pain pita, poulet frit avec légumes et mousse saupoudrée de chocolat au dessert, le repas est appétissant et possède son certificat Casher. Pas de doute, on y est déjà. En bons français gascons, pendant le repas, on ne parle que du repas! Les français sont connus pour pouvoir faire des repas de deux heures en ne parlant que de bouffe et nous sommes visiblement très français! Mais que voulez-vous, certaines traditions méritent d’être conservées.

IMG_0931Plus le vol avance et plus les nuages s’amassent sur notre trajet, confirmant les informations d’une météo orageuse et très pluvieuse sur Israël. Pas assez, cependant, pour nous faire perdre notre enthousiasme. Et surtout, les rayons du soleil commençant à baisser, lors de la descente vers Israël, des images saisissantes d’un ciel magnifique nous sont offertes par le hublot. Le ciel se pare de couleurs splendides et d’une luminosité captivante qui nous inviteraient facilement à la spiritualité tant cela paraît irréel et, oserais-je dire, divin. IMG_0932Il serait facile de se laisser aller, alors que nous descendons vers la Terre Promise, à considérer ce ciel merveilleux comme un présage heureux, une forme de bénédiction sur notre voyage mais à vrai dire, je suis trop prisonnier de la beauté de la scène pour aligner des pensées. Tout ce que j’arrive à formuler, comme pensée, est que j’aime passionnément voler et être à ces altitudes où de tels merveilles pour les yeux sont possibles.

Et nous nous remettons à peine de nos émotions que nous constatons que l’eau se rapproche. Frénétiquement, on cherche la terre des yeux. On confond encore parfois une formation de nuages avec la côte mais tout à coup, ça y est. « Terre… » aurais-je pu dire comme la vigie de la Santa Maria de Christophe Colomb en voyant enfin la terre tant espérée. Des lumières, au loin, trop nombreuses pour être un navire, au travers des nuages de plus en plus épais, puis, lorsque nous passons dessous, il n’y a plus de doute possible. Nos yeux contemplent la terre de Canaan, promise à Jacob, renommé Israël, et à sa descendance.

IMG_0934Je veux immortaliser le moment où nous entrons dans l’espace aérien israélien et je me tiens prêt pour la première photo des « Goys in Eretz ». J’essaie de percevoir, le long de cette côte qui se rapproche, les villes qui s’y agglutinent mais l’urbanisme est trop dense et les lumières trop rapprochées pour distinguer des centres urbains. Et déjà, nous y sommes, le trait blanc de l’écume des vagues formant la frontière de la Terre Promise que nous franchissons avec un grand sourire.

Nous comprenons, qu’à l’altitude où nous sommes, l’atterrissage ne tardera pas. Le voyage, en somme, n’aura pas été long mais l’impatience est à son comble. La nuit commence déjà à tomber et, lorsque le fidèle 737 aborde le dernier virage, ce sont des trombes d’eau qui s’abattent sur Israël et sur une piste détrempée qui s’offre à notre avion. Pas d’inquiétude, ceci dit, on en a vu d’autres en avion. Mais c’est donc sous une pluie battante que nous posons le pied sur le sol d’Israël. Un mauvais présage, pourrait-on penser, après le magnifique coucher de soleil en altitude?

IMG_0937Pour ma part, je suis vite rassuré. En arrivant dans l’espace bagage, les murs de l’aérogare sont tapissés du visage d’ange de Bar Rafaeli, sur laquelle on plaisantait beaucoup au début de l’aventure des Goys.

Bien sûr, un aéroport n’est rien d’autre qu’un aéroport et il est encore difficile, avec la nuit tombée, de réaliser où nous sommes mais, tout de même, nous y sommes, c’est écrit en grand à l’endroit où nous nous rassemblons pour attendre le reste du groupe: « Welcome to Israël »!

Les Goys sont en Eretz! IMG_0940Pug & Jeep

 



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