De l’art d’encaisser sa baffe…
Je vais tenir des propos contestables qui vont lourdement heurter les patriotes et nationalistes français. Je vais remettre en cause le « roman national » sur un épisode précis de notre histoire pour illustrer l’explication qui suivra. Il ne s’agit pas de « repentance mémorielle » à la sauce woke. Il s’agit simplement de regarder la vérité en face et d’admettre les erreurs de notre pays et ses conséquences.

En 1870, l’Empire français de Napoléon III, puis la Troisième République, sont sèchement battus par la coalition germanique menée par le Royaume de Prusse, ce qui donne naissance à l’Empire Allemand. Dans le « roman national » français, cette terrible défaite est une profonde injustice, suite à une agression prussienne qui débouche sur une humiliation de la nation française et à une amputation de notre territoire national avec l’annexion de l’Alsace-Moselle par l’Empire Allemand. Pour la Troisième République, c’est la défaite du Second Empire et c’est le signe que l’intégralité de l’Empire et ses réussites sont disqualifiés du roman national. De fait, les 18 années du Second Empire, l’une des périodes les plus fastes, les plus prospères et les plus déterminantes de l’histoire de France, ne sont quasiment pas enseignées dans les cursus scolaires. C’est pourtant bien la Troisième République qui nourrit l’esprit « revanchard » français et qui prépare le pays à une future confrontation avec l’Empire Allemand, ce qui se produit en 1914, avec la catastrophe humaine de la Première Guerre Mondiale. Qui, elle-même, par la chute de l’Empire Allemand et l’humiliation allemande qui s’ensuit, provoque l’émergence du Nazisme. Qui se nourrit d’esprit de revanche contre la France et mène à la catastrophe humaine de la Seconde Guerre Mondiale.
La guerre de 1870 prépare donc celle de 1914, qui prépare celle de 1939. L’enchainement parait logique et inéluctable. Pourtant, il ne l’est pas.
En 1870, le déclenchement de la guerre est du à une « fake news » du chancelier Otto Von Bismarck. En communiquant à la presse un compte-rendu péjoratif d’une série d’échanges entre le Roi Wilhelm II de Prusse et l’Ambassadeur de France en Prusse, Vincent Benedetti, Bismarck veut faire voir rouge aux Français et ça marche. La dépêche d’Ems, de son nom historique, persuade les Français que le représentant de la France a été insulté et humilié par le Roi de Prusse. C’est l’étincelle qui met le feu aux poudres et déclenche la guerre, le 13 juillet 1870, et provoque la chute de l’Empire français, en septembre 1870.
Mais cette dépêche d’Ems est, comme je l’ai dit en termes modernes, une « fake news ». Certes, le Roi de Prusse a fermement clos un échange diplomatique avec l’Ambassadeur français mais aucune insulte ou humiliation n’était intentée par le Roi, ni ressentie par l’Ambassadeur. Vincent Benedetti tente, en vain, de donner sa version des faits. Le Roi n’a tenu aucun propos désobligeant et le Roi s’est même personnellement déplacé à la gare de Bad Ems pour saluer l’Ambassadeur de France quand celui-ci à quitté la station thermale pour regagner Berlin. Bismarck a écrit plus tard qu’il savait pertinemment qu’il prenait un risque politique personnel en écrivant cette dépêche et a écrit que, si les Français avaient simplement répondu que Bismarck avait menti, il aurait été contrait de démissionner. Mais en France, le mensonge de Bismarck est pris à la lettre par tous ceux qui veulent en découdre avec la Confédération Germanique qui prend de plus en plus d’ampleur. La France se jette donc, en pleine connaissance de cause, dans le piège tendu par Bismarck. La France pensait simplement qu’elle allait facilement battre la coalition allemande. Pourtant, depuis la victoire prussienne à Sadowa en 1866, l’Empereur Napoléon III est inquiet de l’avancée technologique prussienne, de la qualité de l’instruction et de l’organisation de l’armée prussienne et a demandé des réformes de l’armée française. Mais le Corps Législatif a bloqué ou dilué ses suggestions et l’Etat-Major français se gargarise encore de ses victoires en Crimée et en Italie, une décennie plus tôt. L’armée française n’est pas prête, n’est pas à la hauteur technologique et ceux qui l’organisent et la commandent, de l’Empereur aux généraux en passant par les députés, le savent ou refusent de l’admettre.
Quand on part en guerre en sachant qu’on a été provoqués par un mensonge, qu’on aurait pu flinguer politiquement Bismarck et donc l’unification de l’Empire allemand par un seul petit communiqué mais qu’on préfère l’affrontement armé, tout en sachant ou en ignorant volontairement l’impréparation de l’armée française, il est juste naturel qu’on soit vaincus. En termes plus militaires, quand on a autant cherché sa baffe, il est normal de la prendre en pleine gueule.
Mais quand on cherche sa baffe et qu’on la prend, on a le choix entre deux réactions:
– Soit on encaisse avec honneur, dignité et fair-play parce qu’on admet qu’on a déconné.
– Soit on s’assoit par terre pour chialer et beugler « c’est pas juste! » en accusant la terre entière.
Devinez laquelle des deux réactions va provoquer la prochaine guerre.
Et en effet, la France s’assoit par terre, chiale, beugle, fait la gueule, nourrit une rancune tenace et accuse tout le monde, dont un Capitaine d’Artillerie juif qui fera cinq ans de bagne sur, encore une fois, un mensonge connu et reconnu. Cette attitude française revancharde et menaçante va justifier, en Allemagne, la même méfiance et la même hostilité, ce qui mènera à la Grande Guerre de 1914.
Et en 1918, l’Allemagne fera la même erreur. Au lieu d’accepter honorablement qu’elle est battue, elle s’assoit dans une taverne bavaroise, chiale, beugle, accuse la terre entière, à commencer par les Juifs.

Pourquoi je raconte tout ça?
Parce que cette attitude de sale gosse capricieux qui s’est pris la baffe qu’il cherchait et n’apprend pas de ses conneries, c’est très exactement ce que le monde arabo-musulman et en particulier les palestiniens, encouragés par leurs soutiens, font envers Israël depuis 1948.
Après la chute de l’Empire Ottoman, les Arabes ont choisi l’affrontement avec les Juifs. Les pogroms et émeutes arabes contre les Juifs ne datent pas de 1917 mais à partir de 1917, les Arabes sont conscient que la communauté juive en Palestine représente une menace pour leur domination de la région. Ils choisissent donc l’affrontement. Tout au long des années 20, 30, 40, les Arabes vont faire monter la pression et la violence pour imposer leur domination politique, religieuse et sociale sur les Juifs. Ca aboutira, en 1948, à une guerre ouverte entre le tout nouvel Etat d’Israël et les Arabes de Palestine mais aussi de Syrie, de Jordanie, d’Egypte, d’Irak, d’Arabie, du Yémen, de Libye et d’Algérie.
Les Arabes ont cherché leur baffe juive et, en 1948-49, ils l’ont prise. Ils ont recommencé en 1956 et en ont repris une. Rebelote en 1967, même résultat. Ils ont rouvert la boite à gifles en 1973 et en ont repris une. Pareil en 1982. Et ainsi de suite. A chaque fois, ils se sont assis par terre, ont chialé, ont beuglé et ont accusé la terre entière trop contente de pouvoir accuser les Juifs.
Le conflit israélo-palestinien perdure parce qu’à chaque fois que les Arabes cherchent leur baffe et la prennent, ils refusent de l’encaisser avec honneur, dignité et fair-play et d’admettre qu’ils ont déconné. Et comme entre l’Allemagne et la France en 1870, 1914 et 1939, le niveau de catastrophe, de destruction et de violence ne fait qu’augmenter.
Vous êtes pro-palestiniens et vous êtes effarés par le niveau de destruction de la Bande de Gaza, par le cycle de violence incessant en Judée-Samarie et vous êtes inquiet pour les populations civiles qui vivent dans ces conditions? Vous ne pouvez vous en prendre qu’à vous-même. En continuant à soutenir la brute de cour d’école qui se prend une baffe à chaque fois qu’il la cherche, vous encouragez non seulement le cycle de violence mais sa radicalisation et l’aggravation de sa cruauté.
La seule sortie possible de ce cycle de violence est de la responsabilité de celui qui l’a déclenché. Vous voulez sincèrement l’arrêt de la violence entre Israéliens et palestiniens? Exigez l’arrêt de la culture de haine, de violence, de revanche, de rétribution chez les palestiniens qui l’ont déclenchée et entretenue depuis plus d’un siècle, au bas mot.
Sinon, vous pouvez en effet continuer à chialer par terre, à beugler et à accuser la terre entière en commençant par les Juifs mais vous ne recevrez de ma part que coups de pieds au cul.
Pug
Image: tableau de la rencontre entre Napoléon III et Bismarck après la capitulation de Sedan, en septembre 1870.
PS: Napoléon III, lui, a eu l’honneur d’encaisser sa baffe. Il a lui-même capitulé après avoir essayé de se faire tuer au milieu de ses hommes et il n’a jamais accusé personne d’autre que lui-même de la défaite de 1870. Alors que pourtant, il aurait pu. Et ne serait-ce que pour ça, l’Empereur a tout mon respect. Mais ceux qui ont pris sa suite et ont accusé le reste du monde n’ont que mon mépris.